
Les Naufragés (Lifeboat)
Thriller d'Alfred Hitchcock
À l'eau, à l'eau ! Voici venue la troisième séance du cycle You're talking to me ? Le très parlant cinéma américain, avec la projection de Lifeboat (1944) d'Alfred Hitchcock, parfois titré en français Les Naufragés.
C'est en partie la faute à Hitchcock si l'affirmation selon laquelle le vrai cinéma, ce serait avant tout de l'image « pure » et des dialogues réduits au minimum, est devenue une idée reçue. Pourtant, le rejet qu'il professait de la « photographie de gens qui parlent » s'avère constamment contredit par ses films. Un seul exemple : certes, la scène de la douche de Psychose est un extraordinaire moment de montage visuel et sonore, dénué de toute parole, mais elle perdrait beaucoup de sa force si elle n'était précédée d'une tout aussi mémorable scène de dialogue — celui entre Marion Crane et Norman Bates, dans un petit salon du motel.
Si Lifeboat continue d'être l'un des films les plus sous-estimés d'Hitchcock, c'est peut-être parce qu'il ne correspond pas à cette prétendue « pureté cinématographique » : le dialogue y est extrêmement présent car il se déroule entièrement à bord d'un canot de sauvetage perdu dans l'océan Atlantique, entre neuf personnages pris dans les affres de la Deuxième Guerre mondiale. Pour autant, nous défions quiconque de décrocher du récit un seul instant, tant il captive de bout en bout.
Films à venir du cycle You're talking to me ? Le très parlant cinéma américain :
. 5 novembre : Portrait of Jason (id., 1967) de Shirley Clarke ;
. 11 février : Bulworth (id., 1998) de Warren Beatty ;
. 4 mars : Madame porte la culotte (Adam's Rib, 1949) de George Cukor ;
. 15 avril : The Intruder (id., 1962) de Roger Corman ;
. 27 mai : Les blancs ne savent pas sauter (White Men Can't Jump, 1992) de Ron Shelton.
1h36 • 1944 • US (VOST)
« Signalons enfin, dans ce film réalisé par un cinéaste qui a fait souvent profession de mépriser les acteurs, une des plus belles interprétations collectives de toute l'histoire du cinéma. Bien qu'ayant eu lieu en studio, avec deux semaines de répétitions préalables, le tournage fut d'ailleurs extrêmement éprouvant pour tous les comédiens. » – Jacques Lourcelles, Dictionnaire des films